Végétaliser son alimentation
Réflexions éthiques

Pourquoi limiter sa consommation de viande et végétaliser sa cuisine ?

Durant ces dernières années, à chaque 1er janvier, j’ai pris des dizaines de résolutions que je n’ai jamais tenu. La plus récurrente était bien entendu de faire du sport et j’ai dépensé pas mal d’argent dans les salles de sport ou je ne mettais jamais les pieds.

En 2019, j’ai pris la résolution que j’ai eu le moins de mal à tenir : J’ai choisi d’arrêter de manger de la viande. Et contre toute attente, j’ai trouvé cela plutôt simple.

Retour sur mon parcours alimentaire et les raisons qui m’ont poussé à réduire à néant ma consommation de viande la viande.

Consommation de viande et bien être animal

Mon évolution alimentaire au fil des ans

Tout d’abord, il faut savoir que je suis loin, très loin, d’être un modèle de consommation alimentaire « équilibré », même encore aujourd’hui. Petite, j’avais vraiment un problème avec les légumes. Avec le temps, le problème s’est bien atténué néanmoins, je ne suis pas une fan inconditionnée de légumes mais cela n’a jamais été un frein à mon arrêt de consommation de viande.

Quand je vivais encore chez mes parents, ma mère avait des horaires en décalé (tôt le matin jusqu’en début d’après midi, début d’après midi jusqu’au soir, ou même toute la journée). J’étais souvent seule pour manger et j’avoue que la cuisine ne m’a jamais vraiment passionnée. Alors je consommais beaucoup de pâtes, de riz, de steak haché, de poulet ou dinde, de raviolis frais bien industriels. Et vas-y que je te rajoutais de la crème et du gruyère ! Les légumes ? Qu’est ce donc que cette horreur !

J'aime pas les légumes

A 18 ans, j’ai pris mon premier appartement avec mon boyfriend de l’époque. J’étais étudiante, il était à la recherche d’un boulot, on avait pas un penny et on se nourrissait principalement de pâtes bolognaises, pâtes carbonara, riz/steak haché, purée mousseline/jambon. Et lui de chips et de coca sans prendre un gramme alors que ma consommation de gâteaux et de bonbons me faisait grossir à vue d’oeil ! Bref, une alimentation pas du tout équilibrée et de la viande à tous les repas. Je ne le concevais pas autrement et je ne songeais même pas qu’il pouvait en être autrement.

Au fur et à mesure des années, j’ai intégré un peu plus de légumes et de fruits dans mon alimentation, du poisson (parce qu’avant le seul poisson que je connaissais c’était les croustibats). J’ai commencé à consommer de moins en moins de viande, naturellement, à manger végétarien sans vraiment m’en rendre compte. Un repas végétal par ici, un par là. 

Et puis un jour j’étais dans une grande surface, au rayon boucherie, et je voyais tout cet étalage de viande et je me suis dis : ça me dégoûte ! Pourquoi d’un seul coup, sans prévenir, je n’en sais rien. Mais je regardais ce rayon avec le bœuf tout pâle, le poulet un peu jaune… Et j’ai ressenti du dégoût. Et à chaque fois que je revenais, j’avais toujours ce même sentiment : Cette viande là ne me donnait pas du tout envie. 

Alors je remercie le viande « dégueulasse » de grande surface parce qu’elle a certainement été la première cause de mon arrêt de consommation de viande, même si elle n’a bien entendu pas été la seule.

Les raisons de mon arrêt de consommation de viande

1. L’écologie 

Contrairement à ce que vous pourriez penser, la souffrance animale n’a pas été l’une des raisons de mon pesco-végétarisme.

Pesco-Végétarisme : Pratique alimentaire consistant à s’abstenir de consommer de la viande, mais à consommer la chair issue des poissons, des crustacés et des mollusques aquatiques.

La consommation de viande dès le plus jeune âgeCette raison est peut être la raison principale pour beaucoup de végétariens ou de végans mais ça n’a absolument pas été la mienne. Et pourtant ce n’est pas que je n’aime pas les animaux et bien au contraire. Aujourd’hui la souffrance animale constitue une motivation supplémentaire plus qu’elle n’a été une raison principale.

Ma motivation principale est écologique. Et en ce mois d’août 2019 où la forêt amazonienne brûle comme jamais auparavant, cette motivation prend absolument tout son sens. Notre modèle de consommation, de viande notamment est destructeur pour la planète et celui qui le nie est un inconscient.

Pourtant, cet article n’a pas du tout vocation à faire pression sur les consommateurs de viande. Ni même à à les faire culpabiliser. On ne peut pas pointer du doigt alors que l’on est pas, soi même, irréprochable. Et je suis bien loin de l’être. Quand on commence à avancer sur la voie du végétarisme, il ne faut pas oublier comment nous étions avant et le chemin qu’il reste à parcourir. 

En revanche, j’ai du mal à supporter l’idée que l’on nie l’impact de notre modèle de consommation sur la destruction de notre environnement. La planète ne se détruit pas toute seule hein… A un moment, il faut en prendre conscience, accepter que chacun d’entre nous en est responsable et se responsabiliser. Et l’une des manières, pour moi, de commencer à me responsabiliser, a été d’arrêter de manger de la viande.

Mais pourquoi la consommation de viande a-t-elle un tel impact écologique ?

La production de viande est gourmande en terres : L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture estime que 70 % de la surface agricole mondiale est utilisée soit pour le pâturage du bétail, soit pour la production de céréales destinées à les nourrir. Autant vous dire qu’avec autant de surface agricole, on pourrait enrayer largement la faim dans le monde !

Je suis souvent choquée de voir à quel point les gens ne sont pas renseignés sur le sujet. Et par les réflexions qu’ils peuvent envoyer, souvent dénuées de sens et même parfois complètement fausses. Les images suivantes illustrent parfaitement la situation :

Consommation de viande et faim dans le monde

Responsabilité sa consommation de viande

 

Alors je vais te lâcher la phrase un peu extrémiste qui peut résumer la situation de manière un peu brutale. Quand tu te régales devant ta bavette de bœuf, 815 millions de personnes se couchent le vendre vide ! Les céréales qui auraient pu les nourrir ont servi à nourrir le bœuf que tu es en train de manger. Pourtant, dans les pays riches, le surpoids et l’obésité sont en constante augmentation ! Une hérésie !

On te parle de carences alimentaires imaginaires que tu vas te créer. Pourtant la majorité de la population, non végétarienne pour le coup, est carencée à cause de la malbouffe. Quand on y pense avec du recul, soit ça fait rire, soit ça fait très peur… Entre les deux mon cœur balance !

Réduire sa consommation de viande et santé

Allez, ta culpabilité est à son maximum mais tu n’as pas encore cliqué sur la croix rouge ? Alors on continue !

Comme la production de viande est gourmande en terres, et que la planète n’est pas extensible, il faut faire de la place. Pour faire de la place, il n’y a pas de meilleure solution que de déforester !

Plus de 90 % des terres « récupérées » dans la forêt amazonienne servent à la production de viande. Et pour rendre ces terres cultivables, on utilise bien souvent une technique agricole primitive : La culture sur brûlis. C’est la principale raison pour laquelle la forêt amazonienne flambe en ce moment, phénomène accentué par la sécheresse, bien entendu.

NB : Il faut savoir que la forêt amazonienne joue un rôle essentiel dans la stabilisation du climat mondial en captant 10% du CO² mondial. Son fleuve alimente 1/5ème de la planète en eau douce. Elle héberge l’une des plus grandes diversités d’espèces animales et végétales de notre planète. En bref, elle est essentielle.

La production de viande est gourmande en eau et en céréales : En élevage industriel, la production d’un kilo de bœuf absorbe par exemple 13 500 litres d’eau, bien plus que pour le porc (4 600 l) et le poulet (4 100 l).

C’est bien plus élevé que la quantité nécessaire à la culture de céréales, telles que le riz (1400L), le blé (1200L) ou le maïs (700L).

Une étude a démontré que « l’empreinte eau » des Européens liée à leur alimentation pourrait baisser de 23 % à 38 %. Il suffirait pour cela de diminuer ou supprimer la part de la viande dans les repas. En gros, c’est bien de rester 5 min de moins sous la douche, mais c’est mieux d’arrêter de manger de la viande !

En termes de consommation de céréales, 40 % de la production mondiale sert à nourrir le bétail. Pour chaque kilo de bœuf produit en élevage industriel, ce sont de 10 kg à 25 kg de céréales qui sont consommés. Ces céréales pourraient nourrir 3,5 milliard d’êtres humains. Oui, on pourrait nourrir tous les enfants qui meurt de malnutrition dans le monde, si seulement on le voulait !

La production de viande était responsable de 14,5 % des gaz à effet de serre en 2013 selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. C’est plus que toute l’industrie du transport mondiale (voitures, avions…). Ces émissions de gaz sont dues à la production et la transformation des aliments pour les bêtes, à la fermentation entérique et au stockage et au traitement du fumier. Le reste est attribuable au transport de la viande produite.

La consommation de viande et de poisson est la principale source de pollution des eaux : Principalement à travers les déchets animaux, les antibiotiques, les hormones, les produits chimiques des tanneries, les engrais et les pesticides utilisés pour les cultures fourragères… Cette pollution entraîne la prolifération des algues vertes et de la dégénération des récifs coralliens. La gestion des déjections animales dans les élevages intensifs provoque l’infiltration des nitrates et des agents pathogènes dans les nappes phréatiques, qui met souvent en péril les réserves d’eau potable.

La pollution des océans et la surpêche

Est-ce qu’on doit attendre une guerre mondiale de l’eau potable pour réagir ?

En bref, écologiquement parlant, la consommation de viande est une véritable catastrophe ! Et comme si cela ne suffisait pas, elle n’est pas non plus bonne pour la santé !

 

2. La santé

Ma deuxième motivation concerne la santé. J’ai beaucoup lu et j’ai regardé de nombreux reportages sur le sujet. Aujourd’hui je suis convaincue que la consommation de viande n’est pas nécessaire à notre organisme et pire, qu’elle est nocive.

La consommation de viande augmente le risque de maladie cardio-vasculaires et de cancer. En effet, elle est riche en graisse, en cholestérol, en fer héminique (pour la viande rouge) et en additifs (nitrates/nitrites).

« Les protéines animales augmentent les niveaux de cholestérol dans le sang, une chose dont la plupart des gens ne sont pas conscients. Elles sont à l’origine de maladies du cœur et augmentent la production de ce qu’on appelle les radicaux libres, des molécules très réactives qui stimulent le vieillissement et encouragent la formation de cancers. Ces protéines stimulent la production de mauvaises hormones, augmentent le niveau d’œstrogènes chez les femmes associés au cancer du sein. » – Docteur T. Colin Campbell dans le documentaire “Food Choices”.

On pourrait alors penser que la viande blanche, c’est mieux. Pour l’environnement c’est vrai (moins de besoin en eau, en céréales…). Mais pour la santé, pas du tout!

La grande majorité de la viande blanche que vous mangez provient de poulets. Ces poulets sont, majoritairement (84% du poulet vendu en France, enfermés durant toute leur courte de vie (35 jours), dans des conditions insalubres (les litières ne sont jamais nettoyées pendant toute la durée de l’enfermement) entraînant des brûlures aux poumons (car ils respirent l’ammoniaque de leurs excréments). Ils subissent de lourds traitements antibiotiques qui se retrouvent dans votre assiette ! Je vous invite d’ailleurs à découvrir les différentes enquêtes de L214 sur le sujet.

Pour les autres produits d’origine animale, le constat n’est pas vraiment mieux. Ce n’est pas le sujet de cet article mais brièvement :

– Le poisson, à cause des déchets plastiques et des métaux lourds dans les océans, est extrêmement pollué.

– Les œufs, sont extrêmement riches en cholestérol (le jaune d’œuf notamment) et le cholestérol est à l’origine de maladies cardio-vasculaires et bien d’autres maladies. Sans compter que la plupart des œufs que nous consommons proviennent de poule élevées en cage, totalement ou partiellement. Ces oeufs sont ramassés au milieu d’excréments et de cadavres de poules. Pour toi qui ne mange pas un yaourt parce que la date est dépassée de 3 jours ou une banane parce qu’elle est un peu noire, sache le, tu manges des oeufs « récoltés » au milieu des cadavres.

– Le lait est beaucoup trop riches en graisse et n’est adapté, ni à un bébé, ni à un adulte. Le lait de vache est fait pour nourrir un veau de 40kg à la naissance. Ce veau pèsera rapidement plusieurs centaines de kilos quelques mois plus tard. Comment peut-on imaginer qu’un bébé de trois kilos ait besoin d’un lait aussi riche ? Par ailleurs, nous sommes les seuls à consommer, à l’âge adulte, du lait, et qui plus est du lait d’une autre espèce. C’est pas un peu bizarre ça ? Mais on le fait ! Parce que la pub à la télé à crier « Les produits laitiers sont nos amis pour la vie » !

La triste vie des vaches laitières

Bref, ces sujets feront peut être l’objet d’un autre article !

3. La souffrance animale

Bien qu’elle ne soit pas ma motivation principale, elle a toujours été une motivation supplémentaire. Que ce soit pour lutter contre l’élevage intensif des bœufs, des poulets ou contre les vaches dites « hublots » et j’en passe, il est évident que la vie de l’animal concerné est brève et non exempt de souffrance.Sensibiliser à la souffrance animale liée à la consommation de viande

 

Mais à qui profitent ces crimes ?

Étonnamment, ces produits d’origine animale nous rendent malades. Pourtant, nous sommes sans cesse inciter par les médias, les publicités, à continuer d’en consommer, parfois plus que de raisons ! Pourquoi ?

La consommation de viande et de produits laitiers enrichie les filières du secteur agroalimentaire, à commencer par la filière viande et la filière laitière, les deux plus importantes du secteur. Par ailleurs, nous tombons malade à cause de notre alimentation. Mais l’industrie pharmaceutique nous fournit les médicaments pour soigner le mal qui nous ronge. Finalement, il suffirait peut être de ne plus consommer l’aliment qui nous rend malade…

Ces groupes d’influences portent un nom : Les lobbys !

Un lobby, ou groupe d’intérêt, groupe de pression, groupe d’influence, est un groupe de personnes créé pour promouvoir et défendre des intérêts privés en exerçant des pressions ou une influence sur des personnes ou des institutions publiques détentrices de pouvoir. Ces actions, menées par des représentants d’intérêts, sont le lobbying, qui consiste « à procéder à des interventions destinées à influencer directement ou indirectement l’élaboration, l’application ou l’interprétation de mesures législatives, normes, règlements et plus généralement, toute intervention ou décision des pouvoirs publics ». Par exemple, le rôle d’un lobby sera « d’infléchir une norme, d’en créer une nouvelle ou de supprimer des dispositions existantes ».

Parce que toi tu penses, que dans notre France démocratique, le pouvoir appartient au peuple. Grossière erreur ! Le pouvoir appartient à ceux qui ont l’argent et qui ont, du coup, des moyens de pression. 

Et bien entendu, les pouvoirs publics n’osent pas s’en prendre aux poids lourds de l’industrie agroalimentaire. Ces géants qui créent des emplois, de la croissance et qui poussent le consommateur à toujours plus consommer. Tout cela, ça fait des sous à dépenser n’importe comment par nos chers hommes politiques. Business is Business !

Par où commencer ?

Je pense qu’au commencement, il y a une réflexion. Une réflexion sur soi-même, sur les valeurs et principes que nous souhaitons transmettre. Une réflexion sur le sens que nous donnons à nos actions. On ne peut se contenter de mettre la tête dans le sable ou de se regarder le nombril en se disant qu’on ne sera plus là pour voir les conséquences, et ceux pour plusieurs raisons :

Parce que c’est faux. A la vitesse où vont les choses, on sera là pour voir les conséquences. En tout cas, à 28 ans, je pense que je serais là pour voir les dégâts. Je constate déjà des différence par rapport à la situation d’il y a 10 ans.

– Parce qu’on n’en a pas le droit. Si l’on continue, on laissera un désastre écologique aux générations futures. Or, on ne peut pas détruire impunément ce que la terre nous a offert. Nous n’en sommes pas les propriétaires, nous n’en sommes que les gardiens. En tant que gardiens nous devons la protéger, pour les générations futures. Aucune considération d’argent ne doit rentrer en ligne de compte dans ce combat.

– Parce que si cela ne te suffit pas, sache qu’en cas de désastre écologique important ou d’une guerre de l’eau potable, à moins que tu fasses partie de la très haute société internationale, tu seras en première ligne. Et quand tu seras la personne que l’on laisse mourir de faim ou de soif pour les beaux yeux de la finance, tu regretteras peut être ta bonne bavette d’août 2019.

Sensibiliser à la végétalisation de son alimentation et orienter vers la diminution de la consommation de viande

Je pense qu’il faut casser nos habitudes et envisager d’autres alternatives. Pour autant, il ne faut pas bousculer d’un seul coup l’intégralité de son mode de vie. On doit commencer à songer à faire autrement, pour que cette réflexion fasse son chemin petit à petit.

Inciter à la diminution de sa consommation de viande

Peu importe l’argent dont on dispose, on est tous humains et personne ne vaut mieux qu’un autre. Nous sommes censés naître tous égaux et libres. Bien que l’on sache que c’est faux, c’est une réalité vers laquelle il faut tendre au maximum. Personne ne devrait mourir de faim, de soif ou vivre dans la rue à cause des actions d’autres êtres humains. Cela peut paraître banal comme discours, mais enfermé dans nos petits conforts, on en oublie parfois les fondamentaux.

Et quand il te prend l’envie d’insulter une personne qui militent pour la végétalisation de notre alimentation (parce que j’en vois beaucoup sur les réseaux), rappelle toi que c’est la vérité qui est choquante et révoltante, et non le fait de la dénoncer.

Dénoncer les lobbys incitant la consommation de viande

J’espère en tout cas que cet article vous aura plus et aura su convaincre les plus septique d’entre vous.

N’hésitez pas à partager vos points de vue en commentaires, c’est l’échange qui fait avancer les choses.

Amicalement.

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